L'Entreprise familiale créole

Depuis les premières générations de règne coloniale, la vie créole en Louisiane tournait autour d'un principe singulier : la compréhension que la famille et l'entreprise étaient inextricablement liées. Tandis que la famille de Laura aurait considéré leur nombreux hôtels particuliers dans le Vieux Carré de La Nouvelle-Orléans comme leurs vrais foyers, la plantation aurait été le siège social où la famille travaillait et la source de leurs revenus. 

La famille de Laura serait arrivée à l’habitation au printemps afin de démarrer la culture de la canne à sucre et travailler ici jusqu’à la fin de la roulaison (pressage de la canne) vers Noël. Durant 9 mois, ils faisaient beaucoup d’allers-retours entre la ferme et la ville ; les mois de janvier, février et mars, la famille serait restée à La Nouvelle-Orléans pour la saison sociale. 

Chaque membre de la famille était un actionnaire de l’entreprise et chacun y jouait un rôle. Dès le début, l’habitation Duparc comprenait la famille immédiate ainsi que leurs époux et leurs enfants. D’autres membres de la famille, tantes, oncles, cousins et enfants adoptés fournissaient une part de la main d’oeuvre. En dehors de la famille, les contremaîtres et gérants engagés vivaient sur place avec leurs familles. Les esclaves représentaient 80% de la population de l'habitation. Un petit groupe d’Amérindiens vivait en marge de cette entreprise auto-suffisante. 

De génération en génération, les Créoles étaient propriétaires de la majorité des terrains de valeur et créaient des sociétés dont les réseaux familaux contrôlaient les entreprises et la politique à travers la Louisiane. Les Duparc en étaient l’exemple parfait. Leurs liens commerciaux et familiaux s’étendaient des Natchitoches sur la Rivière Rouge au centre de l’état et tout le long du Mississippi, jusqu’à La Nouvelle-Orléans. 

Dans un effort de démolir le contrôle que les Créoles exerçaient sur la propriété, les ressources naturelles, et l’économie basée sur la culture de la canne et du coton, les Américains ont renforcé les lois existantes qui occasionnaient l’indivision des biens, notamment les terres. Le but des Anglos étaient de détruire les domaines créoles, de les diviser en parts de plus en plus petites afin que les acheteurs américains puissent y avoir accès. Pour faire front à cette invasion américaine, les Créoles ont incorporé des partenariats et des sociétés familiales. Ce fut evidemment le cas lorsque Nanette et ses trois enfants (Louis, Flagy et Elisabeth) ont formé la société Duparc Frères et Locoul en 1829. 

En même temps que la Louisiana créole se défendait contre les intérêts commerciaux des Anglos, les plantations qui étaient en mesure de répondre à la demande croissante pour le sucre et le coton louisianais constataient un énorme et rapide succès financier, créant de vastes fortunes. Sur 20 ans et jusque dans les années 1840, cette plantation a connu des profits sans précédent. La Guerre de Sécession et les dépressions économiques qui ont suivies ont mené à la disparition de ces entreprises agricoles familiales, mais les vestiges de cette longue tradition créole demeurent visibles jusqu’à nos jours sur le Chemin du Fleuve en Louisiane.      

TOURS EN FRANÇAIS TOUS LES JOURS À : 

11h • 13h • 15h
Adultes: $20.00
Enfants de 6 à 17 ans : $6.00 ; moins de 6 ans : gratuit

From the Plantation Store

Mémoires de la Vieille Plantation Familiale

Les mémoires de Laura Locoul Gore et l'album d'une famille créole en français

$21.95

"THE BEST HISTORY TOUR IN THE UNITED STATES" 
Lonely Planet Travel