Cinq siècles d'habitation

Basée sur des milliers de pages de documents retrouvés aux Archives nationales de France, aux Archives nationales des États-Unis, et sur les Mémoires de Laura, cette Saga d'une famille créole se focalise sur plusieurs siècles d'habitation. 

AMÉRINDIENS

Il y a 3000 ans seulement, les riches alluvions du fleuve Mississippi ont repoussé le Golfe du Mexique. Peu après, des bandes d'Amérindiens nomades érraient dans la région lors de leurs migrations annuelles. Comme ce terrain se situe au dessus d'une faille géologique (6,5m au dessus du niveau de la mer), les Autochtones commencent à y établir des villages à partir des années 1600. Au début du 18e siècle, ce fut l'emplacement d'un site cérémonial de la tribu Colapissa. Le village s'appelait Tabiscanja, ou "vue sur le long du fleuve", parce que depuis le sommet des talus, on avait une perspective sur 8km en aval. Les huttes se situaient sur la levée naturelle du fleuve, sur une distance de 5km en amont et en aval. Au milieu du 18e siècle, un missionnaire catholique détruit le totem central peint en rouge et haut de 5m, l'éstimant offensif car il representait un phallus. 

En 1785, quatre familles de réfugiés acadiens arrivent, élisant domicile chez les Amérindiens. La famille de Laura prend possession de la propriété en 1804, ayant payé les familles acadiennes pour partir. Comme les colons français ont considéré les Autochtones comme des nouveaux Français, ils ne les ont pas expulsés de la propriété. Les descendants de cette tribu ont continué de vivre en marge des établissements et de l'économie européens jusqu'au départ des derniers Amérindiens vers 1915. 

OUEST-AFRICAINS

La première cargaison humaine débarque sur les quais de La Nouvelle-Orléans dans les années 1720 : des esclaves du Sénégal français. Pendant les 60 ans qui ont suivis, d'autres confrères et consoeurs africains importés depuis la SénéGambie ont rejoint ces esclaves musulmans en Louisiane. Capturés et exportés en raison de leur savoir faire en agriculture et en construction, ils ont construit la colonie louisianaise et ont influencé tous les segments de la culture créole naissante dont on voit aujourd'hui les vestiges dans la cuisine, la musique, les traditions centrées sur la famille, l'architecture, et le mode de vie. 

Cette plantation de canne à sucre démarre en 1805 avec 17 esclaves, dont plusieurs Africains issus des tribus Canga, Congo, Minan, Moco, et Quesy (tels que recensés dans le premier inventaire d'esclaves datant de 1808). Au début de la Guerre de Sécession, non moins de 186 esclaves corporatifs (ceux-ci étaient la propriété de l'entreprise familiale) et 20 à 30 esclaves personnels (ceux-ci étaient la propriété des membres individus de la famille) travaillaient dans cette ferme. Suite à l'émancipation des esclaves à la fin de la guerre, un grand nombre d'affranchis a continué d'habiter les cases de la plantation. 

Des descendants de ces mêmes esclaves vivent encore tout près de la plantation, les derniers n'ayant quitté les baraques qu'en 1977.  

EUROPÉENS

À partir des années 1740, plusieurs concessionnaires français ont tenté de rentabiliser cette propriété, sans succès. En 1785, la couronne espagnole (la Louisiane était alors une colonie espagnole) octroie des parcelles de terre à 4 fermiers acadiens exilés. Guillaume Duparc, d'origine française et vétéran de la Guerre d'indépendance américaine, acquiert la propriété en 1804 ; il meurt peu après la fondation de cette plantation de canne à sucre. Ensuite, l'entreprise familiale sera dirigée par 4 générations successives de femmes, jusqu'à ce que l'arrière petite-fille de Duparc, Laura Locoul, la vend en 1891 à la famille de Florian Waguespack, des Créoles francophones d'origine alsacienne. 

Les Waguespack ont continué l'exploitation de canne jusqu'en 1981 lorsque le site fut racheté par un groupe d'investisseurs qui avait l'intention de raser tous les bâtiments afin d'y construire un pont à travers le fleuve. Le risque géologique déroute ces plans. La propriété est restée sous administration judiciaire jusqu'en 1992, date à laquelle elle est vendue aux enchères à la St. James Sugar Cooperative. En 1993, la Laura Plantation Company, une société privée, prend un bail à long terme sur 6 hectares dans le but de restaurer le site et de l'ouvrir au public en tant qu'attraction pour l'interprétation de la culture créole louisianaise. 

TOURS EN FRANÇAIS TOUS LES JOURS À : 

11h • 13h • 15h
Adultes: $20.00
Enfants de 6 à 17 ans : $6.00 ; moins de 6 ans : gratuit

From the Plantation Store

La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre

par Léopold Sédar Senghor et Abdoulaye Sadji. Dans les contes et fables d'Afrique Noire, Leuk-le Lièvre jouit du même renom que le Renard dans les contes d'Europe.

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